LYON NE SE VOIT PAS CHAMPION
L'Olympique Lyonnais se meurt. Ou du moins laisse entrevoir des signes de faiblesse contagieux qui gangrènent des secteurs de jeu peu habitués à un tel traitement. Le passage au 4-4-2, prôné par Alain Perrin depuis sa prise de fonctions, paralyse l'influence de Juninho et a montré ses limites samedi soir, à Lorient (1-2), où les Gones ont concédé leur deuxième défaite consécutive cette saison. La défense, également mise à mal face aux Merlus, est devenu le chantier prioritaire de l'OL, qui espère trouver vite un remplaçant à Cris.
Karim Benzema, l'arbre qui cache la forêt lyonnaise. (Le Progrès)Jamais Lyon, depuis qu'il domine outrageusement la scène hexagonale, n'avait connu un débat de saison aussi chaotique. De son changement de schéma tactique à sa deuxième défaite consécutive, samedi soir, sur la pelouse de Lorient (1-2), en passant par les départs de Malouda, Abidal et Tiago, et les longues indisponibilités de Coupet, Fred et Cris, l'Olympique Lyonnais s'est perdu en route. Mais faut-il pour autant croire à la déchéance du sextuple champion de France, qui dispose tout de même d'un effectif hors norme comparé aux autres écuries de l'élite ? La génération dorée de l'équipe de France (1998-2000) l'a montré en 2002. Sans alchimie dans le vestiaire, les succès ne suivent pas.
Mais il faut l'accorder, les Gones ont des circonstances atténuantes. Face aux Merlus, Alain Perrin, l'entraîneur lyonnais, a dû replacer Mathieu Bodmer en défense centrale pour pallier les absences conjuguées de Cris et Muller. Et même si l'ancien Lillois affiche une polyvalence remarquable, il n'a ni la prestance ni l'assurance de l'arrière central brésilien, écarté des terrains pour les six prochains mois. De manière générale, c'est toute la défense lyonnaise qui a pris l'eau en Bretagne. Sur l'ouverture du score de Marama Vahirua, Fabio Grosso est responsable d'une relance de la tête molle et surtout plein axe, reprise d'une volée splendide par l'attaquant lorientais.
La défense sur les rotules
Quant au second but de Lorient, il vient encore de la gauche, où Nicolas Marin fausse compagnie à deux Gones avant de centrer pour Vahirua, qui trompait Rémy Vercoutre en se jetant. Le portier lyonnais n'est vraiment pas responsable des erreurs commises par ses défenseurs, mais force est de constater qu'il n'est pas impérial dans les cages. Jean-Michel Aulas a confirmé dimanche matin qu'il comptait engager Frédéric Roux comme doublure. Un renfort qui ne risque pas d'intensifier la concurrence entre gardiens du côté de Tola-Vologe.
L'inquiétude principale concerne Juninho. Habitué depuis six saisons à évoluer dans un 4-3-3 qui lui offrait toute latitude pour distribuer le jeu, le Brésilien est restreint à un rôle de récupérateur qui ne lui convient pas dans le strict 4-4-2 d'Alain Perrin. L'entraîneur lyonnais a beau se défendre en remarquant que son joueur a assez de talent pour s'adapter à ce changement, l'incertitude demeure au vu du rendement du milieu international auriverde depuis la reprise. Si devant, l'entente entre Karim Benzema, auteur de son deuxième but de la saison samedi, et Milan Baros semble s'installer doucement, l'entre-jeu a particulièrement souffert samedi soir. Privé de Sydney Govou, également blessé, Alain Perrin avait choisi d'aligner Kader Keita à droite et Hatem Ben Arfa à gauche. Le premier est passé au travers de son match et le second, remplacé par Nadir Belhadj après vingt minutes, n'a pas eu le loisir de briller.
Boumsong et Anelka en sauveurs ?
Aussi les derniers jours du marché des transferts, qui se termine le 31 août, vont être mis à profit par les dirigeants olympiens, qui espère attirer deux gros poissons. L'un en attaque, l'autre, en défense évidemment. La piste Nicolas Anelka, revenue à la surface ces derniers jours, a pris du plomb dans l'aile ce dimanche. L'attaquant de Bolton a indiqué dans les colonnes du Journal du Dimanche qu'il ne souhaitait pas revenir en France: "Je n'ai rien contre Lyon, c'est un bon club mais, je le répète une nouvelle fois, je ne reviendrai pas jouer en France. C'est un non catégorique. Il y a donc 0% de chance que j'aille à Lyon". Pourtant, la cellule de recrutement lyonnaise serait ravie de donner une chance à l'international tricolore de s'épanouir à nouveau dans un club aux objectifs élevés. Jean-Michel Aulas a même affirmé qu'il était prêt à mettre la main à la poche pour un joueur de ce calibre.
Il signera vraisemblablement son prochain chèque pour s'attacher les services de Jean-Alain Boumsong. Le défenseur de la Juventus Turin, soumis à une rude concurrence sous les ordres de Claudio Ranieri, serait sur le point de s'engager pour les trois prochaines saisons avec le club champion de France. Un renfort de poids dans l'axe de l'arrière garde rhodanienne, mais qui obligerait un nouveau temps d'adaptation avec Sébastien Squilacci, seul rescapé de l'hécatombe dont souffre actuellement l'OL. Car leur dernière association date de septembre 2005, sous le maillot des Bleus.