Au lendemain des révélations effectuées par Le Monde au sujet d'une collaboration entre le sulfureux Docteur Fuentes et quatre des plus prestigieux clubs de football espagnols (Real Madrid, FC Barcelone, FC Valence et Betis Séville), les réactions se sont multipliées de l'autre côté des Pyrénées. Des formations concernées à la presse ibérique en passant par le controversé médecin, l'Espagne toute entière s'indigne des allégations tenues dans les colonnes du quotidien du soir. Jusqu'à accuser la France de s'acharner sur le sport ibérique.
La presse espagnole vole au secours du Barça et du Real.La bombe lâchée par Le Monde dans son édition de vendredi n'a pas manqué de secouer l'Espagne du football. Et ce, d'une manière que l'on ne soupçonnait sans doute pas. Car, de l'autre côté des Pyrénées, les révélations concernant la collaboration entre le sulfureux Docteur Fuentes, empêtré jusqu'au cou dans l'affaire Puerto, le plus grand scandale de dopage qu'ait connu le cyclisme, et de prestigieux clubs de football espagnols, parmi lesquels figurent le Real Madrid ou le FC Barcelone, ont surtout eu pour conséquence de liguer la presse ibérique contre le quotidien français. Pire, certains éditoriaux ne se sont pas privés de dénoncer un acharnement hexagonal contre le sport espagnol !
A la pointe du combat, la presse conservatrice crie au complot. ABC dénonce ainsi "une espèce d'obsession personnelle" de la presse française à égratigner les champions ibériques. Dans le même registre, El Mundo tire également à vue, expliquant qu'en France, "nombreux sont ceux qui n'ont pas apprécié nos nombreuses victoires sur le Tour de France, à Roland Garros et désormais en Formule 1, au volant d'une de leurs Renault". Le quotidien castillan insiste d'ailleurs sur le fait que le Journal du Dimanche, autre grande publication française, avait été le premier à établir cet été un lien entre Fuentes et le tennisman Rafael Nadal. Avant lui, clame El Mundo, le cycliste Miguel Indurain, l'athlète Alberto Garcia (convaincu lui de dopage en 2003) et d'autres, ont subi depuis une dizaine d'années l'acharnement de la presse hexagonale.
Fuentes: "Des accusations assez graves"
L'argumentaire, appliqué à la nouvelle affaire Fuentes, a également été repris par la presse sportive. Le Madrilène Marca, ballon de football piqué d'une seringue en Une affiche la couleur en titrant: "La France accuse mais ne montre pas ses preuves." Son plus proche concurrent, As, sous la plume de son éditorialiste Alfredo Relaño, affirme que les fameuses notes de Fuentes*, "non publiées par Le Monde, ne sauraient constituer une preuve valable, entre autres parce qu'une prostituée qui révèle l'identité de son client prend le risque de se retrouver sans travail." Bref, la presse est unanime. Le Monde n'a trouvé aucun écho favorable parmi ses confrères ibériques.
Pire, ses allégations pourraient même conduire le journal du soir devant les tribunaux. Tout en démentant avec force un quelconque rapport avec le Docteur Eufemiano Fuentes, les quatre clubs incriminés ont en effet menacé de poursuivre Le Monde en justice. Se parant des "valeurs humaines du sport et la défense d'un jeu propre" pour le Real, ou en se revendiquant "exemple à suivre en ce qui concerne la lutte contre le dopage" pour le FC Valence ou le Betis Séville, la bande des quatre ne compte pas en rester là: "Nous nous réservons le droit d'utiliser les moyens légaux mis à notre disposition afin de protéger les intérêts du club contre les propos du Monde", prévient en ce sens le FC Barcelone, via un communiqué sur son site officiel.
Invité jeudi soir sur le plateau de la chaîne publique TVE, Eufemiano Fuentes lui-même a tenu à monter au créneau. "Ces accusations me semblent assez graves, a-t-il déclaré. Je les dément car rien n'est exact." Un discours en contradiction avec l'interview donnée la veille au quotidien français, dans laquelle il admettait avoir reçu deux offres de travail de la part du Barça, tout en refusant d'en dire davantage sur ses possibles liens avec le géant catalan, mais également avec le Real Madrid, par crainte de représailles. "On m'a dit que si je disais certaines choses, moi ou ma famille pourrions avoir de graves problèmes. On m'a menacé trois fois. Et on ne va pas me menacer une quatrième fois." Des propos sibyllins qui entretiennent forcément le malaise en Espagne. Le Monde fait pour l'instant seul les frais de ce nouveau scandale. Pour l'instant...
Tornade andalouse sur Madrid
Le FC Séville de Kanouté et Renato a soufflé sur Bernabeu et le Real. (Reuters)Si le match aller de la Super Coupe d'Espagne, ponctué par une victoire andalouse à domicile 1-0, avait laissé sur leur faim les amateurs de buts et de débats enflammés, la manche retour jouée dimanche à Bernabeu entre le FC Séville et le Real Madrid a atteint des sommets d'intensité. Le suspense en moins toutefois puisque les partenaires de Kanouté, auteur à cette occasion d'un triplé, en plus du doublé de Renato, ont plié les débats en s'imposant 5-3 dans une atmosphère particulièrement électrique. Drenthe, Cannavaro et Ramos n'ont pas suffi